Luc Dezel
Luc Dezel naît, en 1977, de parents passionnés par la danse folklorique. Il grandit, pour ainsi dire, au rythme des Fest-noz. Enfant, il suit des cours de danses folk et contemporaine. Attiré par
le monde du spectacle, il essaye, par la suite, le chant puis le théâtre.
Son premier choc esthétique est le spectacle paysager et architectural de Versailles et ses excès et son luxe. Vivant en banlieue parisienne, il développe sa sensibilité artistique en découvrant les monuments et les musées de
Paris et de nombreuses expositions. Les gigantesques « Nymphéas » de Monet, à l’Orangerie, l’impressionnent. Il visite alors souvent Orsay pour
mieux comprendre cette période et s’attache à cette sensation de rêve, de poésie, de légèreté, de vivant que dégage
l’impressionnisme.
Sa première grande expérience de spectacle, à seize ans, le « Girlie Show » de Madonna, le surprend par son jeu
de trappes, ses effets spéciaux, ses dimensions scéniques, la pyrotechnie et ses chorégraphies de groupe façon cabaret ou broadway. Cette sensibilité liée au spectacle se confirme six ans après,
avec, dans un autre domaine, « Tambours sur la digue » d'Ariane Mnouchkine. Il garde encore un souvenir intense du spectacle et surtout de sa
première impression en rentrant au Théâtre du Soleil, dans cette grande salle au mur pourpre vieilli, aux incrustations de bouddha en or, aux nombreux lampions rouge sang suspendus et aux
échoppes diffusant une agréable odeur de nourriture asiatique, alors même qu’il n’était pas encore entré dans la salle de spectacle.
Il hésite à commencer une carrière artistique et s’oriente alors vers le luxe et la gestion d’image. C’est pour lui un compromis permettant de rester en contact avec
la création, le spectaculaire et le grandiose. Mais il remet tout en cause suite au décès de son père en 2001. Il reprend le théâtre, au cours Florent, la danse, au Studio Harmonic et le chant,
en cours particulier. Il prend à bras le corps l’entraînement de comédien et le travail d’un rôle en intégrant, en 2003, les ateliers de Jean-Christian Grinevald. Parallèlement, il manage l’auteur compositeur interprète Olya et met en scène son spectacle. Il découvre aussi, suite à un stage au Samovar avec Patrick de Valette, le bonheur d’improviser et la minutie et la richesse du travail de
clown.
C’est une élève de Jean-Christian qui lui parle alors de « Phones ». Les auteurs cherchent des comédiens pour les aider à visualiser leur pièce afin de parachever son écriture. Il
participe à ce travail avancé de lecture, ce qui lui permet de laisser mûrire son imaginaire sur cette pièce. Il continue à manager Olya et profite de la période de création du deuxième album de
celle-ci pour se consacrer à la mise en scène de « Phones ».